Indonésie

Keep Travelling // Cérémonie Hindouiste à Bali

11 février 2017
Octobre 2016

A la suite d’une semaine passée à Ubud, et avant de partir profiter des îles Gili, nous sommes passés par la campagne balinaise, à quelques kilomètres de Sidemen, entre Ubud et Amed. Avant de partir pour notre tour du monde, Charly avait repéré sur Instagram une maison en bambou de fou à Bali: un écolodge, auto-suffisant, avec piscine naturelle dans la rivière. Effectivement les photos faisaient rêver et cette maison était louable sur Airbnb. Par curiosité on regarde, et paf il y a 2 nuits disponibles pile dans notre période à Bali. Et si on se faisait un petit cadeau pour bien débuter ton tour du monde? Car oui une maison en bambou écolo en pleine campagne balinaise ça a un coût. Mais bon rien n’est trop beau pour bien débuter donc nous voilà en train de réserver un logement à Bali près de 2 mois avant!!! Oui oui vous pouvez rigoler!!

Bon on ne vous fait pas un article pour vous raconter notre aventure dans cette maison (même si on vous montrera quelques photos un peu plus bas). Mais c’est surtout pour vous dire que cela nous a permis de vivre une des expériences les plus marquantes de Bali: participer à une cérémonie hindouiste. Allez on vous raconte tout ça!

 

On arrive donc le mercredi soir dans cette maison en bambou, un peu crevés car on vient de grimper le mont Batur à 4h du mat. On est très bien accueilli par Wayan et Made qui nous ont préparé un jus de fruit frais à la papaye à tomber par terre. Wayan s’occupe de la gestion de la maison, les proprio habitant à l’étranger. Il peut même avec sa femme nous préparer à manger pour le soir si nous le souhaitons. Autant vous dire qu’au vu des prix dérisoires proposés et de la gentillesse de Wayan, nous n’hésiterons pas une seconde.

En nous ramenant nos plats le soir, et après qu’il ait fait plusieurs rituels hindouistes dans le jardin, il nous propose de venir chez son frère le lendemain à partir de 8h car ce dernier organise une cérémonie et les préparatifs ont lieu dès le matin. Curieux comme on est, on accepte avec plaisir!


Le lendemain, nous voilà donc chez le frère, Nyoman. Tout le monde est déjà affairé: les femmes finissent de préparer les offrandes pour la cérémonie et les hommes sont en train de préparer “THE BIG”  offrande…. le cochon. Quand on arrive, il est déjà vidé (ce détail a son importance pour la suite) et ils sont en train de galérer (ce détail a aussi son importance) à le mettre dans le camion pour le transporter un peu plus loin pour le faire cuire.

le BIG cochon embroché, prêt à cuire

On observe un peu tout ça puis on nous invite à prendre notre petit déjeuner à côté des hommes qui s’affairent en cuisine ou plutôt par terre sur une bâche. Ils sont en train de préparer les brochettes satay, une grande spécialité balinaise, et sont en train de couper tout un tas de bouts de viande… En s’y intéressant de plus près, on apprend qu’il s’agit de tous les abats du cochon: des intestins, en passant par le coeur, cuit en bouillie avec le sang du cochon à la cervelle… hmmm un régal de bon matin! C’est là que l’expression “tout est bon dans le cochon” prend tout son sens.

Préparation sur une bâche posée par terre

Après avoir goûté à leurs brochettes et à leur alcool local à 10h du mat’, on nous propose d’aller voir où est cuit le cochon. Ca se passe dans le champ de l’hôtel que manage Nyoman, entre rizières et construction de nouveaux bungalow. Et là commence le bourbier. Le cochon en question fait 160 kg, 2 fois plus gros que ce qu’ils ont l’habitude de faire normalement. Et effectivement on se rend vite compte qu’ils galèrent un peu. Après l’avoir embroché, ils doivent le faire tenir au dessus du feu et autant vous dire qu’au vu du poids, c’est un peu compliqué. On les observe pendant près d’1h tenter moult solutions pour le faire tenir… après une dizaine de tentatives infructueuses et tous les cerveaux en ébullition, ils y parviennent enfin. Le cochon peut donc commencer à cuire…

les brochettes en train de cuire dans la rue

le cochon avec une peau un peu grillée…

on profite aussi d’une magnifique vue sur le Mont Agung avec les rizières en premier plan

On reviendra ensuite pour le déjeuner, remanger des brochettes et se préparer pour la cérémonie qui a lieu à 13h.

Pour la cérémonie, on se pare de nos sarongs, on nous prête une “ceinture” à mettre par dessus et Charles devra porter sur sa tête un “udong” (une sorte de turban). On part ensuite tous en scooter vers le temple.

Charles

Tiff

on a la classe non??

On arrive à la cérémonie et on retrouve le cochon tout grillé parmi les centaines d’offrandes. Et c’est surtout que notre cochon n’est plus tout seul. Il se retrouve avec tous ses copains grillés comme lui!

Bon on vous en dit un peu plus: chaque famille, participant à la cérémonie, apporte des offrandes au temple (galettes de riz, fruits…) dont un cochon. La famille chez laquelle où on était participait à cette cérémonie pour remercier les dieux d’avoir soigné leur fille, là où les médecins “traditionnels” n’avaient pas réussis. Du coup ils ont décidé de faire de très grosses offrandes d’où l’énorme cochon.

En arrivant au temple, la famille nous amène donc avec elle pour nous faire bénir. Pour cela, on prend quelques pétales de fleur entre nos mains, on fait le signe de prière avec nos mains et on dépose une pétale de fleur sur notre tête puis une derrière chaque oreille. Ensuite vient un prêtre appelé “pemangku” qui nous bénit: 3 fois avec les mains en l’air, puis on boit 3 fois de l’eau bénite, puis on se purifie 3 fois le visage, toujours avec de l’eau bénite. On finit par manger un grain de riz, s’en coller ensuite quelques uns sur le front, les tempes et dans le cou. Tout le monde se fait bénir par petit groupe, par famille. On est très honoré que la famille de Wayan nous ait inclus avec eux.

Les familles arrivent les unes après les autres, les cochons deviennent de plus en plus nombreux, chacune se fait bénir les uns après les autres…

Ensuite les jeunes garçons passant à l’âge adulte font des tours du temple en habit traditionnel et poignard à la main pendant que les jeunes filles accompagnées de leur maman font le tour du temple en dansant, toutes attachées les unes aux autres.

On attendra presque 3h l’arrivée du grand “prêtre” qui vient faire la bénédiction finale après s’être paré de nombreux bijoux, avoir béni pétale de fleurs par pétale de fleurs, tout en se déshabillant… oui c’est un peu étrange!

La cérémonie durera donc plus de 3h. Mais c’est assez drôle car ca n’a rien à voir avec ce qu’on a l’habitude de faire en France ou même en Europe. Ce n’est pas très solennel: tout au long de la cérémonie, les gens se retrouvent, papotent entre elles, font des photos, observent le combat de coqs (sport national qui a lieu juste à côté du temple & c’est toléré vu que 20% des gains reviennent au temple… malin!)….

Pour la bénédiction finale, nous reproduisons tous en même temps les gestes de la bénédiction de départ. Une fois la cérémonie terminée, le cochon est partagé entre tous les habitants du village, et chacun rentre chez soi.

le temple du village

tous les cochons réunis!!

le fameux grand « prêtre »

Le soir, on est invité à manger les restes du cochon. On apporte de la bière et quand on arrive seuls les hommes sont ensemble. Tiff hésitera même à avancer, ne sachant pas si elle peut participer.  Mais elle sera finalement invitée à se joindre à eux au même titre que Charly, pendant que toutes les femmes de la famille sont rentrées chez elles. On dégustera de l’alcool de riz mélangé à de la bière et on dégustera du cochon à l’aveugle. Car oui la lumière n’éclaire pas très bien nos assiettes et on nous fera goûter, à l’insu de notre plein gré au départ, les intestins et le coeur du cochon… Hmmmmmm! On ne peut pas dire que c’était mauvais mais pas sur qu’on retente l’expérience tout de suite! 😉

bon on voit rien mais c’était vmt comme ça d’où la dégustation à l’aveugle

Bref ce fut une journée particulière mais riche de sens pour toutes les personnes qui étaient avec nous et on a été très heureux de partager ça avec eux. Ce fut un grand honneur et c’est avec émotion qu’on quittera cette famille.

 

Et pour les curieux, voici la fameuse maison en bambou. Elle était top. Elle a été construite avec du bambou venant des villages environnants, par des personnes du village et est auto-suffisante… Mais finalement on n’en aura pas tellement profité, à part pour dormir! Pour sûr, aller dans ce village à la rencontre de ces gens mais pas forcément dans cette maison qui une fois qu’on connait Bali est bien trop chère pour ce que c’est!

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bali

notre piscine naturelle, servant aussi un peu plus haut de bain pour les habitants du village

notre chambre pour 2 nuits au milieu de la nature et avec en prime le bruit de tous les animaux…

bali

le moulin à eau alimentant la maison

 

xoxo

Tiff & Charly

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